Presse

Dans les réunions publiques de LRM, les questions sur l’Europe sont récurrentes. Derrière l’europhilie se font jour des inquiétudes réelles.

Ce soir d’automne, Guillaume Gouffier-Cha n’avait révisé « que le budget ».Comme tous les deux mois, le député La République en marche (LRM) du Val-de-Marne se livre à un exercice d’improvisation dans sa permanence à Vincennes. Pendant une heure, des citoyens de sa circonscription peuvent l’interroger au sujet de la politique conduite par la majorité.

[...]

Une semaine plus tard, à Pluduno dans les Côtes-d’Armor, le sujet s’invite encore au menu de la réunion publique du député LRM Hervé Berville. Ici aussi, dans ce petit coin de Bretagne rurale entre Saint-Malo et Saint-Brieuc, les habitants ne savent plus à quelle Europe se vouer.

« On a l’impression qu’il y a des pays parasites qui empêchent d’avancer, comme l’Irlande qui fait du dumping fiscal. Pourquoi on ne peut pas avancer avec un peu moins de pays ? », interroge un homme au fond de la salle. « En Europe, si huit pays sur vingt-sept ne sont pas d’accord, on ne peut pas avancer », avait déclaré peu avant Hervé Berville, évoquant à son tour les GAFA. « Sur la taxation des grands groupes, le président a fait des propositions pour sortir de l’unanimité », rappelle-t-il.

Pourtant dans la salle, tous savent qu’à cette ouverture à l’Europe qu’ils prônent s’oppose la tentation de la fermeture. A Pluduno comme à Vincennes, des « marcheurs » ont souhaité que la France donne un pavillon à l’Aquarius. Ce navire de l’ONG SOS Méditerranée qui secoure des migrants en Méditerranée a perdu le pavillon du Panama le 22 septembre. Il est depuis bloqué à quai au port de Marseille. Le bateau est aussi devenu le symbole d’une Europe qui se divise sur l’immigration. Cette crise a été provoquée par le refus de l’Italie de faire accoster l’Aquarius sur ses côtes depuis l’arrivée de Matteo Salvani au ministère de l’intérieur italien.

« On ne peut pas vouloir que les bons côtés de l’Europe, fustige Hervé Berville devant la salle bretonne. Ce n’est pas un supermarché, on fait partie d’une équipe, on a les mêmes règles. Encore une fois, ça demande de croire en la coopération. » Mais au premier rang, dans son manteau de laine, une retraitée verbalise la crainte qui plane au-dessus de tous. Celle que la France vive sa tentation Salvini.

La Bretagne est l’une des terres où le vote Rassemblement national (ex-FN) est toujours moins élevé que dans d’autres régions mais a fortement progressé. Et pourtant, témoigne cette retraitée : « Ici, dans la région, il y a de plus en plus de gens qui ne veulent plus de réfugiés. Qui, probablement ne voteront… pas ce qu’on voudrait. » A aucun moment elle n’a prononcé le nom du parti d’extrême droite. Mais, dans la salle, tout le monde l’a entendu.


Articles similaires

Réalisation & référencement Simplébo

Connexion

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins d'analyse d'audience, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.