L’Union européenne, un ciment pour les sympathisants de La République en marche - Le Monde

29 Oct 2018 Hervé Berville Presse

Dans les réunions publiques de LRM, les questions sur l’Europe sont récurrentes. Derrière l’europhilie se font jour des inquiétudes réelles.

Ce soir d’automne, Guillaume Gouffier-Cha n’avait révisé « que le budget ».Comme tous les deux mois, le député La République en marche (LRM) du Val-de-Marne se livre à un exercice d’improvisation dans sa permanence à Vincennes. Pendant une heure, des citoyens de sa circonscription peuvent l’interroger au sujet de la politique conduite par la majorité.

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Une semaine plus tard, à Pluduno dans les Côtes-d’Armor, le sujet s’invite encore au menu de la réunion publique du député LRM Hervé Berville. Ici aussi, dans ce petit coin de Bretagne rurale entre Saint-Malo et Saint-Brieuc, les habitants ne savent plus à quelle Europe se vouer.

« On a l’impression qu’il y a des pays parasites qui empêchent d’avancer, comme l’Irlande qui fait du dumping fiscal. Pourquoi on ne peut pas avancer avec un peu moins de pays ? », interroge un homme au fond de la salle. « En Europe, si huit pays sur vingt-sept ne sont pas d’accord, on ne peut pas avancer », avait déclaré peu avant Hervé Berville, évoquant à son tour les GAFA. « Sur la taxation des grands groupes, le président a fait des propositions pour sortir de l’unanimité », rappelle-t-il.

Pourtant dans la salle, tous savent qu’à cette ouverture à l’Europe qu’ils prônent s’oppose la tentation de la fermeture. A Pluduno comme à Vincennes, des « marcheurs » ont souhaité que la France donne un pavillon à l’Aquarius. Ce navire de l’ONG SOS Méditerranée qui secoure des migrants en Méditerranée a perdu le pavillon du Panama le 22 septembre. Il est depuis bloqué à quai au port de Marseille. Le bateau est aussi devenu le symbole d’une Europe qui se divise sur l’immigration. Cette crise a été provoquée par le refus de l’Italie de faire accoster l’Aquarius sur ses côtes depuis l’arrivée de Matteo Salvani au ministère de l’intérieur italien.

« On ne peut pas vouloir que les bons côtés de l’Europe, fustige Hervé Berville devant la salle bretonne. Ce n’est pas un supermarché, on fait partie d’une équipe, on a les mêmes règles. Encore une fois, ça demande de croire en la coopération. » Mais au premier rang, dans son manteau de laine, une retraitée verbalise la crainte qui plane au-dessus de tous. Celle que la France vive sa tentation Salvini.

La Bretagne est l’une des terres où le vote Rassemblement national (ex-FN) est toujours moins élevé que dans d’autres régions mais a fortement progressé. Et pourtant, témoigne cette retraitée : « Ici, dans la région, il y a de plus en plus de gens qui ne veulent plus de réfugiés. Qui, probablement ne voteront… pas ce qu’on voudrait. » A aucun moment elle n’a prononcé le nom du parti d’extrême droite. Mais, dans la salle, tout le monde l’a entendu.


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