« Moi, agricultrice » un hommage aux combattantes au cinéma d’Erquy - Ouest France

10 Mar 2022 Hervé Berville Presse

Le film documentaire de Delphine Prunault est programmé mercredi 23 février, sur la chaîne parlementaire (LCP) et sera projeté à l’Armor-ciné d’Erquy, samedi 26. Rencontre avec la réalisatrice, qui rend un poignant hommage aux femmes qui ont combattu pour être reconnues dans leur travail au quotidien.

Moi, agricultrice​, le titre du film documentaire, réalisé par Delphine Prunault, s’impose comme un programme. Car ce titre, qui semble couler de source aujourd’hui, est le résultat d’un long combat mené par les femmes. Pour ces combattantes, trop souvent restées dans l’ombre, l’obtention du statut d’agricultrice n’a pas été une mince affaire. C’est ce parcours que Delphine a suivi à travers huit témoignages de trois générations et des images d’archives.

Pas de statut pour les femmes dans les campagnes

Ma grand-mère était paysanne en Ille-et-Vilaine. Née en 1920, le mot cultivatrice figurait sur son acte de mariage, mais il n’était qu’une coquille vide, car elle n’a jamais eu de statut. Ces femmes, qui travaillaient au quotidien, étaient considérées sans profession, ou ménagère, j’ai même vu aide familiale. Ce film lui rend hommage, car elle symbolise toutes ces générations de travailleuses clandestines aux yeux de la loi.

Le combat de trois générations

Delphine Prunault a retrouvé une femme de la génération de sa grand-mère, une militante qui a dédié sa vie à la place des femmes dans l’agriculture, Micheline Marcusse, syndicaliste engagée dans les Landes, l’une des premières femmes à siéger à la FDSEA, qui a dû s’imposer dans un milieu très masculin.

Elle a découvert Anne-Marie Crolais, figure du syndicalisme agricole dans les Côtes-d’Armor, à travers un reportage de 1983. Les femmes entraient dans une phase de revendication pour être agricultrices à part entière. ​Puis Cécile de Saint-Jan, jeune agricultrice à Saint-Vran, qui incarne la jeune génération, toujours aussi militante. Fille d’éleveurs de porcs, elle a vu ses parents se battre et tout perdre lors de la crise de 1990. Mon père s’est laissé dépérir. Je ne suis pas en colère, mais mon histoire est ma force​, dit-elle avec fierté.

« On se bat encore pour les petites retraites »

C’est intéressant de voir le combat des pionnières, avec la brutalité des mots, ces femmes qui n’existaient pas et les jeunes qui prennent le relais,​commente Hervé Berville, député, qui ajoute :Il y a encore beaucoup à faire. La reconnaissance du conjoint collaborateur ne date que de 2017, le congé maternité est arrivé en 2019 et en 2022, on se bat encore pour augmenter les petites retraites des agricultrices. C’est un film d’une grande sensibilité, qui montre la dignité, la combativité de ces femmes à qui on est si lent à donner des droits.

Samedi 26 février 2022, à 17 h, à l’Armor-ciné, Moi, agricultrice, ​(53 mn), puis débat avec Delphine Prunault, Anne-Marie Crolais et Cécile de Saint-Jan.


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